Célèbre pour ses grands vins, mais aussi pour ses fleurons historiques, Bordeaux figure parmi les destinations les plus prisées de l'Hexagone. Vous le constaterez assez vite : avec ses vignobles, ses bonnes tables, ses quartiers authentiques et ses musées de qualité, la bien nommée cité des merveilles a tôt fait de semer des étoiles dans les yeux de ses visiteurs. Et s'il y a bien un coin où la magie opère particulièrement, ce sont les berges de la Garonne, avec cet ouvrage remarquable qu'est le pont de pierre. Réservez vite votre hôtel à Bordeaux et laissez-vous conter la captivante histoire de ce pont jeté entre le passé et l'avenir !

Le pont de pierre en quelques dates et chiffres

Long de 486 mètres et comptant 17 arches, le pont de pierre est le premier pont construit sur la Garonne, au XIXe siècle, à la demande de Napoléon Ier. Il fut ouvert à la circulation en 1822. Jusqu'à la construction du pont d'Aquitaine en 1965, il s'agissait du seul point de franchissement routier du fleuve. Avant cela, il fut donc le lieu de transit obligé des populations fuyant devant la poussée allemande, en 1940. En juillet 2018, le pont a été définitivement fermé à la circulation automobile.

L'histoire du pont de pierre

Projet mûri par Jean-Baptiste Billaudel et Claude Deschamps de 1772 à 1808 pour le compte de Napoléon, le pont de pierre fut construit de 1819 à 1822 et mis en service un an avant la fin des travaux. Le chantier, mobilisant plus de 4 000 ouvriers, connut de nombreuses difficultés, mais une fois opérationnel, cet axe direct vers Bordeaux redéfinit l'équilibre des échanges économiques autour de la Garonne et de la Gironde. Le pont évolue ensuite avec son temps et au rythme de Bordeaux. Il passe ainsi à quatre voies de circulation en 1954 et accueille le tramway en 2003, après divers chantiers de consolidation dans les années nonante. Mais le lit meuble de la Garonne, les inondations et de fortes marées ont malgré tout raison de la stabilité l'ouvrage qui laisse entrevoir quelques faiblesses. De nouveaux travaux sont engagés en 2014, ainsi qu'en 2017, afin de renforcer les piles s'enlisant dans le lit du fleuve. En 2018, après une phase d'expérimentation, le pont de pierre est définitivement fermé à la circulation automobile, ce afin de soulager l'ouvrage mis à mal par l'important trafic et de le réserver aux piétons, aux vélos et aux transports en commun.

Le pont de pierre sur le plan architectural

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Crédit photo : Tourism Media

Jugée dans un premier temps utopique, le fleuve faisant 527 mètres de large, souvent plus de 20 mètres de profondeur et étant en proie à de forts courants tout en présentant des envasements conséquents dans plusieurs parties de son lit, la construction de ce pont à voûtes en maçonnerie peut sans conteste être qualifiée de prouesse architecturale. Les bâtisseurs de l'époque ont dû recourir à une cloche à plongée pour stabiliser les quelque 220 pieux de sapins, enfoncés parfois à 10 mètres de profondeur pour soutenir les piles. Ces dernières soutiennent à leur tour les 17 arches du pont et chacune arbore les armoiries de la ville et un médaillon blanc en l'honneur de l'empereur. Des chaînes de pierres de taille relient horizontalement les arches et les bandeaux. Les pierres taillées en queue d'aronde étant jugées trop onéreuses pour le budget alloué à la construction, des briques produites localement ont été utilisées pour le remplissage du pont. Une solution qui profite également à la stabilité de l'ouvrage, la charge pesant sur les piles étant ainsi réduite. Le résultat ? Un pont tout en élégance et légèreté qui figure sans conteste parmi les fleurons architecturaux de Bordeaux.

Le pont en quelques anecdotes

Le pont compte 17 arches, soit le nombre de lettres composant " Napoléon Bonaparte ".

En 2004, un Airbus A380 est passé sous le pont de pierre, en morceaux du moins, et sur des barges acheminant les tronçons de l'avion jusqu'à Langon via le fleuve.

Ça peut paraître difficile à croire, tant l'ouvrage semble tout en robustesse, mais le pont de pierre est en partie creux. En son sein, le public découvre, lors des journées du patrimoine, des cavités, des passages et des galeries notamment utilisés par les techniciens pour la surveillance du pont.

Jugé trop étroit, le pont devait être détruit, mais la Deuxième Guerre mondiale s'étant déclarée, l'ouvrage a été sauvé.

Le pont de pierre aujourd'hui

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Crédit photo : Tourism Media

Aujourd'hui, le pont de pierre fait toujours office de trait d'union entre deux époques et unifie, par la même occasion, deux rives de la Garonne en une seule et même cité. S'il doit à présent rivaliser avec une demi-douzaine d'autres ouvrages de franchissement, il reste un des hauts lieux du patrimoine local, un symbole de l'histoire de la ville. Les Bordelais aiment s'y promener, estimer le niveau de la marée en scrutant ses piles ou encore poser devant cet édifice, tout en élégance.

Vous connaissez maintenant sous toutes les coutures cet ouvrage remarquable qui attire inéluctablement le regard de tous ceux qui découvrent Bordeaux. Mais il reste au moins 7 choses que vous ne savez pas sur la cité des merveilles ! À vous de les découvrir avant, peut-être, de vous diriger vers la Cité du Vin. Car Bordeaux, ce sont aussi des terroirs de qualité, extrêmement diversifiés et qui donnent naissance à des nectars de haut vol, mondialement célèbres pour certains. En visitant le plus grand musée de la planète consacré au vin, vous percerez tous les secrets de son élaboration et vous initierez à l'art de la dégustation. Bordeaux, c'est décidément une foule d'expériences à vivre !