Les entrailles de la ville de Lyon vous racontent les épisodes historiques qui font l'identité de l'ancienne capitale des Gaules. Oserez-vous y pénétrer ?

Percée par plusieurs centaines de traboules (passages reliant 2 rues à travers les immeubles), Lyon est une ville underground à sa manière ! À l'abri des regards, les traboules constituaient hier des terrains parfaits pour les activités clandestines en tout genre. Quartier par quartier, faites le tour de ses passages secrets, et découvrez les histoires dissimulées entre les bâtisses anciennes...

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La Croix-Rousse et ses traboules, lieux de toutes les résistances

Le quartier de la Croix-Rousse compte parmi les sites lyonnais dont l'histoire est la plus riche. La partie des pentes croix-roussiennes se caractérise par une grande quantité de traboules. Celles-ci ont souvent joué un rôle-clé dans les différents conflits survenus aux XIXe et XXe siècles.

Votre exploration des traboules commence par la visite de la Cour des voraces. Nichée au cœur d'un ancien immeuble de canuts (ouvriers tisserands), cette traboule toute en hauteur longe l'imposante façade de l'édifice sur 6 étages.

Les canuts insurgés s'y seraient cachés pendant les révoltes de 1848 et 1849. Ils se battaient alors pour des conditions de vie et de travail plus justes.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, des résistants ont également pris possession de ces lieux pour échapper à l'occupant allemand qui en ignorait l'existence.

Vous gagnez ensuite le passage Thiaffait. Construit au XIXe siècle, cet ensemble urbain - doté d'une cour intérieure reliant la rue René-Leynaud à la rue Burdeau - perd peu à peu de son prestige. Au fil des décennies, plusieurs appartements sont squattés, des trafiquants prennent l'habitude d'y séjourner et l'endroit est qualifié de " coupe-gorge ". Il est finalement rénové en 1970. Devenue tendance, sa traboule compte aujourd'hui parmi les lieux de flânerie privilégiés des Lyonnais !

Saviez-vous que le quartier de la Croix-Rousse est construit sur un réseau de galeries souterraines, datant de l'époque romaine ? Fermées au public depuis la fin des années 1980, ces voies sont désormais inaccessibles. Pourtant, les amateurs de tourisme undergrounds aiment les imaginer et pourquoi pas, en chercher les entrées !

Cour_des_Voraces Thierry de Villepin CC BY-SA 3.0.jpg
Cour des Voraces, La Croix-Rousse - Crédit [photo](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2a/69_Cour_des_Voraces.jpg/800px-69_Cour_des_Voraces.jpg) : [Thierry de Villepin](https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Thierry_de_Villepin "User:Thierry de Villepin") sous licence [CC BY-SA 3.0](https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en) sous licence CC BY-SA 3.0)

Les trésors cachés de la montée de la Grande-Côte

Porte principale vers la presqu'île lyonnaise depuis le nord, la montée de la Grande-Côte est une longue rue autrefois empruntée par les manifestants lors des révoltes des canuts.

Tout en haut, les numéros 8, 11 et 13 de cette voie se rejoignent en une traboule aux multiples accès. Vous y pénétrez et découvrez un panorama grandiose sur la colline de Fourvière et toute la presqu'île lyonnaise.

Un peu plus bas, au niveau du numéro 59, vous scrutez l'entrée d'une traboule sinueuse. Vous continuez votre descente pour emprunter le passage traversant une maisonnette à 2 étages, au 69 de la montée de la Grande Côte.

Enfin, au 118 de cette rue, vous gravissez les marches d'un petit escalier étroit, débouchant sur une cour tout aussi minuscule... Un parcours un brin kafkaïen, vous ne trouvez pas ?

Vue depuis la Fourvière Jacmin CC BY-SA 3.0.jpg
Vue depuis la colline de Fourvière - Crédit [photo](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5c/Tour_du_Cr%C3%A9dit_Lyonnais_vue_de_Fourvi%C3%A8re.jpg/800px-Tour_du_Cr%C3%A9dit_Lyonnais_vue_de_Fourvi%C3%A8re.jpg) : [Jacmin](https://commons.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Jacmin&action=edit&redlink=1 "User:Jacmin (page does not exist)") sous licence [CC BY-SA 3.0](https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en) sous licence CC BY-SA 3.0)

À l'assaut des escaliers de Fourvière...

La colline de Fourvière incarne à elle seule les vestiges de l'ancienne cité romaine de Lugdunum, capitale des Gaules. Le site et son architecture sont tristement connus pour leurs effondrements successifs, attribués aux infiltrations d'eau à l'origine de glissements de terrain. Le dernier épisode de ce type a eu lieu en 1930. Certains racontent que tous ces événements seraient liés à l'existence d'un mystérieux lac souterrain...

Pour accéder à la colline, vous empruntez une multitude d'escaliers souvent fleuris, forcément étroits et confidentiels. La plupart datent du Moyen-âge. Autant dire qu'ils ont vu passer des milliers de badauds et qu'ils renferment autant de secrets...

La montée des Chazeaux est particulièrement raide, mais elle vous réserve une vue superbe sur les toits de Lyon.

Considérée par les connaisseurs comme la plus jolie du Vieux-Lyon, la montée du Garillan vous entraîne dans le méandre de ses escaliers tortueux. Avis aux amateurs d'Histoire et de marionnettes : cette ruelle contourne le célèbre musée Gadagne qui a beaucoup à vous apprendre sur les origines de la ville et sur le fameux théâtre de Guignol !

Insolite, la rue Punaise suit le lit d'un ancien égout à l'air libre... Pour le coup, voilà un passage qui aurait mieux fait d'être construit... under ground (sous terre) !

" Trabouler s'emploie seulement dans l'expression "une allée qui traboule". Une allée de traverse. J'avais cru le mot tiré de l'argot, mais il est bien lyonnais. De tra (trans) et bouler (rouler). Allée qui traboule est pour allée par où on traboule, comme allée qui traverse pour allée où l'on traverse ! ", Nizier de Puitspelu (Clair Tisseur de son vrai nom)

Nizier de Puitspelu, architecte et écrivain lyonnais du XIXe siècle vous a-t-il éclairé sur le sens du verbe trabouler ? Si ce n'est pas le cas, consultez l'un de ses nombreux ouvrages publiés dans les années 1880 consacrés au patois lyonnais !

Petit lexique du parler lyonnais...

Si vous souhaitez pénétrer dans les sphères undergrounds de Lyon ou simplement vous glisser dans la peau d'un Croix-roussien (habitant du quartier de la Croix-Rousse), ornez votre vocabulaire de quelques Lyonnaiseries...

Parmi les verbes à retenir, outre l'incontournable " trabouler " (comprenez, emprunter une traboule), figure également le terme " lentibardaner " : flâner lentement et nonchalamment.

Si vous n'êtes pas du genre à " lentibardaner ", préférez-lui le verbe " débarouler " (dévaler à toute vitesse un escalier de traboule). À chacun son rythme et sa façon de découvrir Lyon !

Lyon en bref

Quand y aller ?

Si vous avez l'intention de parcourir toutes les traboules lyonnaises, préférez le printemps ou l'automne, car les étés sont parfois chauds et l'atmosphère dans les traboules étroites peut être lourde...

Comment y aller ?

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Comment se déplacer ?

À pied, dans les ruelles de la Croix-Rousse ou sur les montées de Fourvière.
Le métro (4 lignes) et le tramway (5 lignes) vous permettent de relier facilement les différents quartiers.
Vous pouvez louer une voiture à Lyon et parcourir la ville à votre guise.

Où dormir ?

Réservez une chambre d'hôtel à Lyon perchée sur la colline de Fourvière, avec vue sur les différents quartiers de la ville. Ou posez vos valises dans un hôtel historique à la Croix-Rousse pour profiter de l'ambiance " village " de ce quartier.

Où manger ?

Chez Grand-Mère : 11, rue du Bœuf, près de la montée des Chazeaux
Cuisine régionale. Prix moyen : 21 €*

La coquette : 9, place Tabareau, Croix-Rousse
Cuisine bistro. Prix moyen : 22 €*

Les Fines Gueules : 16, rue de la Lainerie, Vieux-Lyon
Cuisine traditionnelle. Prix moyen : 35 €*

Jols Saint-Antoine : 30 quai Saint-Antoine.
Poisson frais et fruits de mer. Menu à partir de 29 €*

*Les prix sont donnés à titre indicatif et peuvent varier.

Lyon sous la plume de René Dejean

Professeur, illustrateur et auteur de l'ouvrage Traboules de Lyon, histoire secrète d'une ville, René Dejean fut l'un des premiers Lyonnais à organiser des promenades à la découverte des traboules. Son livre répertorie les 350 passages clandestins de la ville et vous en dévoile les anecdotes et les légendes...

4 événements incontournables à Lyon

Mai : Festival Nuits Sonores, la fête des musiques électroniques, d'envergure internationale

Juin : Festival de la Croix-Rousse, concerts d'artistes tendances et alternatifs

Septembre : Journées du patrimoine, ouverture au public d'édifices historiques, souvent l'occasion de parcourir des traboules habituellement fermées.

Décembre : La fête des Lumières, un festival d'installations et de scénographies lumineuses qui investissent et transfigurent la ville