La conscience nationale est assez faible au Kenya et l'affiliation ethnique plus prégnante. Cette particularité donne un caractère fascinant à la vie kenyane, mais entraîne un manque de cohésion sociale et freine le développement du pays. Les Kenyans sont très exubérants et ont un goût prononcé pour le rire. La société kenyane est marqué par un fort esprit grégaire : la moindre activité attire les foules et chacun apporte très vite sa version des choses, la faisant partager à chacun, y compris au voyageur.
Langue
L'anglais et le swahili – langue d'origine bantoue – se partagent le statut de langue officielle et sont enseignés à l'école. S'y ajoutent un grand nombre de langues tribales – kikuyu, luo, masai, samburu, etc. – et de dialectes. Quelques mots de swahili peuvent se révéler utile en dehors des agglomérations et des lieux touristiques. Toutes les lettres se prononcent en swahili. Le jambo est une forme simplifiée du swahili souvent utilisée avec les étrangers. Le sheng, enfin, est un mélange de swahili et d'anglais.
bonjour : shikamoo (hujambo en jambo)
bienvenue : kariku
oui : ndiyo (ou Mmm)
non : hapana
merci : asante
excusez-moi : samahani
bus : basi
minibus : matatu
avion : ndeje
train : treni
bateau : meli
taxi : teksi
voiture : gari
droite : kulia
gauche : kushoto
tout droit : moja kwa moja
hôtel (et restaurant) : hoteli
auberge : gesti
salle de bain : sbafu
Arts
Les formes musicales "modernes" présentes sur l'ensemble du continent africain se retrouvent au Kenya. S'y ajoute le taarab, musique swahili de la côte, qui connaît depuis quelques années une résurgence dans une forme "pop". La forme artistique la plus traditionnelle est le sigana, qui mêle narration, chanson, musique, danse, rites et masques en un long spectacle.
La littérature kenyane est marquée par deux grandes figures : Ngugi wa Thiong'o et Meja Mwangi. Les textes radicaux de Ngugi wa Thiong'o lui ont valu une année d'emprisonnement, au terme de laquelle il a préféré l'exil. Ses principaux écrits traduits en français sont Pétales de sang, La Rivière de vie et Le Blé jaillira. Meja Mwangi s'intéresse également à la question sociale, sans se départir de son sens de l'humour. Son roman Karivki a été traduit en français.
Alimentation
Les gastronomes risquent fort de rester sur leur faim. Les menus se composent en effet le plus souvent – voire exclusivement – de viande de bœuf ou de mouton, de haricots, pommes de terre, de bananes plantains (makote) et d'autres féculents. Le nyama choma, version kenyane du barbecue, remporte également un franc succès, comme l'ugali, une bouillie de maïs. Les restaurants indiens et les fruits – mangues, papayes, ananas, fruits de la passion, bananes, goyaves – constituent la bonne surprise du régime alimentaire kenyan.
À l'exception des régions de la côte et de l'Est, où l'islam est prédominant, la majorité des Kenyans sont chrétiens. Un tiers environ des Kenyans sont musulmans. L'animisme est également répandu.
Les nombreux groupes ethniques des régions rurales pratiquent des rites d'initiation, qui marquent le passage d'un âge à l'autre et toutes les étapes de la vie, et accordent une grande importance aux sorciers. Chez les Massaïs, qui restent attachés à leurs traditions, les jeunes hommes deviennent moran (guerrier) au cours d'une cérémonie qui a lieu vers 14 ans. La circoncision est quasi systématique (sauf chez les Luos, second groupe ethnique par le nombre) et l'excision est encore parfois pratiquée. Les danses, l'habillement, les coiffures – notamment chez les Massaïs et les Turkanas – sont toujours profondément marqués par la coutume. L'entrée des habitations kikuyu est traditionnellement orientée vers le mont Kenya.
La population musulmane observe les règles de l'islam, notamment le mois de jeûne du ramadan.