Le tableau culturel du Cameroun, particulièrement riche et complexe, se compose d'une double influence coloniale franco-britannique et d'une multiplicité ethnique et linguistique bien particulière. On peut distinguer 5 grands groupes ethniques sur les quelque 130 qui vivent dans le pays : les Bamilékés et les Bamoums à l'ouest, les Foulanis et les Kirdis au nord et les Ewondos autour de Yaoundé. Les Bamilékés se concentrent surtout dans les régions montagneuses occidentales et représentent la plus importante communauté de Douala, où ils contrôlent largement l'activité économique. Dans les zones rurales, ils dominent environ 80 unités politiques, placées sous l'égide de chefferies farouchement indépendantes. Chacune regroupe des sociétés secrètes chargées de veiller au respect des rites. Les Bamoums, en revanche, dépendent d'un chef unique, le sultan.
Si le Sud entretient des relations avec les Européens depuis plus de 500 ans, le Nord est resté jusqu'au XXe siècle sous la domination quasi féodale des Foulanis musulmans du Nigeria et résiste encore fortement aux influences extérieures. Cet isolement a limité au minimum le développement (au sens occidental du terme) de cette partie du pays. La plupart des habitants ne sont toutefois ni foulanis ni musulmans, mais kirdis, mot qui signifie païen en foulani. Les Kirdis regroupent en fait plusieurs tribus exilées par les Foulanis dans les zones rocheuses isolées et inhospitalières voisines de la frontière nigérienne.
Plutôt conservateurs en matière vestimentaire, les Camerounais accordent une place importante à la manière de s'habiller : mieux vous vous habillerez, mieux vous serez considérés et traités. Les Camerounais sont très accueillants, mais ils peuvent parfois être suspicieux à l'arrivée d'inconnus, en particulier dans les endroits peu fréquentés par les touristes. Lorsque vous pénétrez dans des zones rurales, mieux vaut aller trouver le chef du village (fon dans l'Ouest, lamido au Nord), afin de lui annoncer votre présence et obtenir son autorisation de parcourir les terres tribales. La discussion qui s'ensuit en général devra toujours rester courtoise : votre sens de l'humour et votre calme seront vos meilleurs atouts. Il est enfin courtois d'offrir un présent au chef (bouteille de bon whisky ou de l'argent).
Langue
Le français et l'anglais sont les deux langues officielles du pays, mais le français demeure la plus employée, en particulier dans les grandes villes, telles Yaoundé ou Douala. Environ 10% de la population parle un anglais pidgin, principalement dans les régions de l'Ouest, près du Nigeria. Le bamiléké, l'ewondo, le bamoum, le fufulde et l'arabe sont quelques unes des langues locales. Deux grands écrivains camerounais, Kenjo Jumbam et Mongo Beti, se sont particulièrement attachés à décrire les relations du pays avec les colons européens.
Arts
Le Cameroun est réputé pour son artisanat : travail de l'argile et de la céramique dans la région de Bamenda ou de la sculpture – en particulier les masques – dans les hautes terres du Nord-Ouest. Ces masques représentent souvent des animaux dont on suppose qu'ils transmettent à son porteur leurs caractéristiques ou leurs pouvoirs. Des représentations stylisées d'araignées, symbole de sagesse, sont communément présentes sur les objets destinés aux chefs. Le bronze et le cuivre sont également travaillés avec finesse dans la région de Tikar. Ces pièces sont souvent figuratives.
Très populaire dans toute l'Afrique, la musique du Cameroun se caractérise notamment par le makossa, dansé dans toutes les discothèques. Ce rythme se prête à de nombreuses variations instrumentales et peut se jouer à la sanza, à la guitare électrique ou au synthé. Manu Dibango l'a fait connaître dans le monde entier au début des années 1970 et aujourd'hui c'est Sam Fan Thomas le roi du makossa. Autre style de musique très apprécié également, le bikutsi se chante généralement en ewondo.
Alimentation
Délicieuse, la cuisine camerounaise est essentiellement préparée à base de feuilles de manioc. Les sauces s'accompagnent généralement de riz ou d'une bouillie de céréale épaisse servie sous forme de couscous, de pâtes ou de fufu, et composée de riz, de maïs, de manioc, de plantain ou de banane. Les plats vendus dans les rues sont généralement excellents : la plupart du temps des brochettes de viande grillée et épicée servie dans du pain avec de la salade et une sauce. À Yaoundé, les plats de poulet grillé et de poissons sont particulièrement savoureux.
Seize millions d'habitants répartis en 280 ethnies et plus de 200 langues : difficile d'établir une répartition précise des religions pratiquées. Les chiffres suivants sont des estimations correspondant à une réalité mouvante, le prosélytisme chrétien et musulman étant toujours actif. Les religions traditionnelles (40%), empreintes d'animisme, peuvent déborder sur des communautés monothéistes. Les catholiques sont majoritaires, représentant environs 40% de la population. Les musulmans suivent avec 20%, puis viennent les protestants. Les musulmans sont traditionnellement prédominants chez les Foulbés et dans le Nord, même si on trouve aussi des animistes dans cette région (les Kirdis – littéralement « païens »). Les forêts du sud et de l'est abritent des groupes adeptes des religions traditionnelles.