Langue
Le français et l'anglais sont les deux langues officielles du Canada. Depuis 1977 et la loi 101, le français est la langue officielle du Québec, même si les panneaux de signalisation sont souvent dans les deux langues. Dans la communauté urbaine de Montréal, le poids relatif des francophones ne cesse toutefois de baisser, même s'ils sont passés de 55 à 56% ces dernières années. Dans le même temps, le nombre de personnes dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais est passé de 21 à 27%.
Le français employé au Québec présente certaines particularités et utilise de nombreux termes anglais. N'ayez crainte cependant, vous n'aurez aucun mal à communiquer avec les Montréalais, dont l'accent vous séduira. Le tutoiement s'emploie par ailleurs beaucoup plus couramment qu'en France.
Petit lexique québécois :
Achalandé : plein, bien fourni
Bécosses (les) : toilettes
Bienvenue : à votre service
Blonde : petite amie
Bleus (avoir les) : avoir le cafard
Char : voiture
Casse-croûte : snack-bar
Chum : petit ami
Colleux : affectueux
Cute : mignon
Dépanneur : épicerie ouverte tard le soir
Fin : aimable, gentil
Foirer : faire la fête
Magasiner : faire ses courses
Niaiseux : imbécile
Platte (c'est) : c'est ennuyeux
Track : voie ferrée
Trouble : souci, ennui
Le sport emblématique du Québec est le hockey et les équipes en compétition dans la Ligne nationale de hockey (LNH) se disputent la coupe Stanley à chaque saison sportive. L'équipe "Les Canadiens" de Montréal jouent au Centre Bell de Montréal. Le football (à l'américaine et à l'européenne) gagne en popularité depuis quelques années. Montréal n'a plus d'équipe de baseball depuis 2004.
Arts
La poésie tient une grande place au Québec. Les textes d'Émile Nelligan, Anne Hébert et Gaston Miron, sont des classiques, tout comme ceux des chanteurs Félix Leclerc, Raymond Lévesque et Gilles Vigneault. La vie quotidienne prend également une dimension poétique sous la plume de Michel Tremblay, témoin attentif de Montréal et du Plateau Mont-Royal, d'Yves Beauchemin et du caustique Réjean Ducharme. Les femmes, comme les romancières Anne Hébert (Les Fous de Bassan), Suzanne Jacon (L'Obéissance), Marie-Claire Blais (Une saison dans la vie d'Emmanuelle) et Gabrielle Roy (La Petite Poule d'eau), sont très présentes dans la littérature québécoise qui compte également aujourd'hui une nouvelle génération d'auteurs venus des Caraïbes, d'Amérique latine et d'Asie.
La chanson nationaliste, véhicule politique, a connu son âge d'or dans les années 1960 avec Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Laude Léveillé et Raymond Lévesque. Dans les années 1970-1980, l'engagement politique s'est mis au rock avec Robert Charlebois, Diane Dufresne et Paul Piché. Les années 1990 ont vu, avec Richard Desjardins, Michel Rivard, Daniel Bélanger et Richard Séguin, la consécration d'une autre génération de poètes. Aujourd'hui, les Québécois vivent à l'heure du rock avec Jean Leloup, Garou et Pierre Lapointe, mais aussi de la pop progressive avec des groupes comme Malajube et Arcade Fire, et du rap avec Cédric Morgan. Toute une nouvelle vague qui se montre aussi soucieuse de ses textes que de la musique. Quant au pianiste Oscar Peterson, décédé en 2007, il était une légende vivante du jazz. Enfin, comment ne pas citer Céline Dion, star internationale et une icône tant au Québec qu'à l'étranger.
La nature a inspiré nombre de peintres québécois. Clarence Gagnon et Jean-Paul Lemieux sont parmi les artistes les plus connus. Adrien Hébert et Robert Pilot ont pris pour cadre les rues de Montréal et de Québec. En 1948, un manifeste "Le Refus global", rédigé et cosigné notamment par les peintres Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle, ouvre la voie à l'abstraction.
La nouvelle génération de cinéastes québécois a tourné le dos à la tradition réaliste incarnée notamment par Gilles Carles (La Vrai Nature de Bernadette), Micheline Lanctôt (Sonatine, Lion d'argent à Venise), Anne-Claire Poirier (Mourir à tue-tête) et Claude Jutra (Mon oncle d'Amérique). Avec Le Déclin de l'empire américain de Denys Arcand et Léolo de Jean-Claude Lauzon, le cinéma québécois s'impose à l'étranger dans les années 1980. Il s'ouvre à d'autres champs. Parmi les derniers films à succès, citons La grande séduction de Jean-François Poulin et C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée. Quant à Robert Lepage, auteur dramatique, metteur en scène et cinéaste talentueux, il est aujourd'hui la star internationale du théâtre québécois (La trilogie des dragons, Les Plaques Tectoniques).
Les Inuits se sont rendus maîtres de la sculpture sur os, bois et pierres. De nos jours, ils utilisent souvent les pierres connues sous le nom de pierres savonneuses : stéatite, serpentine, argilite, dolomite et quartz. L'ours, les oiseaux et les scènes de chasse sont des thèmes de prédilection. L'art amérindien, renommé pour les sculptures et la vannerie, s'illustre aujourd'hui surtout dans l'estampe et la gravure.
Alimentation
Les spécialités québécoises tiennent au corps, et, bien préparées, elles sont savoureuses. Parmi les grands classiques : la poutine (frites et dés de fromage en sauce), le pâté chinois (sorte de hachis parmentier avec du maïs), la soupe aux pois, les fèves au lard et la tourtière (spécialité du lac Saint-Jean à base de viandes, de pommes de terre, d'oignons, de persil, de sarriette et de céleri hachés). La tarte aux bleuets (de la famille des myrtilles), la tarte aux pacanes (noix de pécan) ou la tarte au sucre clôt souvent le repas. Sans oublier le sirop d'érable, qui nappe les crêpes du petit déjeuner. Les viandes fumées (smoked meat) font partie des spécialités de Montréal. Ne manquez pas les boucaneries spécialisées dans les poissons séchés (saumon, hareng, truite, esturgeon), dont les préparations sont souvent un vrai régal. Au chapitre des vins québécois, les vendanges tardives (vins réalisés avec les derniers raisins) représentent les productions les plus savoureuses, mais il faut y mettre le prix. Précision d'importance : au Québec, le matin, on prend son "déjeuner", le midi, son "dîner" et le soir, son "souper".
Le rôle de l'Église est fondamental dans l'histoire du Québec. Le conflit entre catholiques, première communauté religieuse, et protestants, anglicans principalement, prit la forme d'une guerre de pouvoir souvent meurtrière, dont les Amérindiens furent souvent les victimes. Depuis 1945, la religion joue un rôle moins déterminant dans la vie québécoise. Dans la province, 83% de la population s'est déclarée catholique et 5% protestante. Montréal compte une communauté juive également très importante. L'hindouisme et l'islam ont été introduits par les immigrés venus d'Asie et du Maghreb (d'Algérie surtout).