Attention ! Il y a boules et boules ! À Lyon, on joue à "la longue", sur un terrain de 33 m de long, en doublettes ou en quadrettes. Pour découvrir toutes les subtilités de ce sport fort prisé, ne pas manquer le grand tournoi de la Pentecôte.
Septembre voit se perpétuer plusieurs traditions... Le 8, le vœu des Échevins, célébré pour la première fois en 1643 pour demander à la Vierge que la peste épargne la ville, est renouvelé dans la basilique Fourvière. Durant le deuxième week-end du mois, la Foire aux tupiniers du Vieux Lyon, qui remonte à 1492, rassemble de très nombreux potiers dans le quartier Saint-Jean. Enfin, à une date variable car décidée par le Conseil des Ministres de la République des Canuts, a lieu la vendange du Clos des Canuts, sur la Croix-Rousse, marquée bien sûr par des festivités.
Arts
Lyon s'enorgueillit d'avoir été la capitale de la Renaissance française : la poétesse Louise Labé y est née, Rabelais et Erasme y ont vécu, tandis que les premiers imprimeurs du pays s'y installaient (comme en témoigne aujourd'hui le Musée de l'imprimerie). Au cours des siècles, des écrivains (Mme de Sévigné, Voltaire, Stendhal, James, Baudelaire...) et des compositeurs (Rameau, Mozart, Liszt, Saint-Saëns...) y ont séjourné avec plaisir, appréciant son brassage culturel, ses innovations techniques et industrielles, comme ses environs verdoyants.
Mais ce sont aujourd'hui les cinéphiles qui y viennent en pèlerinage : là, naquit le 7e Art, fruit du génie des frères Auguste et Louis Lumière. De la somptueuse Villa Lumière, œuvre de leur père Antoine, au Hangar du premier film restauré en 1998 et qui abrite désormais une vaste salle de projection, en passant par le Musée et l'Institut qui disposent de fonds exceptionnels, ils vivent des heures exaltées sur les traces de ces pionniers.
Guignol, autre gloire lyonnaise, est dû à l'imagination d'un canut, un ouvrier de la soie, qui pour survivre en période de chômage, se fit artiste ambulant. L'insolent personnage a traversé deux siècles, grâce à la famille de son créateur. Il se produit dans plusieurs théâtres et a une place de choix dans le Musée international de la marionnette.
L'architecte Tony Garnier, auquel sa ville doit de nombreux monuments, rêvait dans les années 1920 de bâtir une "cité idéale". De ce rêve revu à la baisse par les investisseurs, restent des immeubles devenus "musée urbain" depuis qu'ornés de 5 000 m2 de fresques dues à des artistes du monde entier.
Enfin, avec un Opéra récent en plein centre, un Auditorium de renom, un Orchestre national, un Centre de création de musique contemporaine et de multiples scènes jazz, rock ou chanson, Lyon comblera aussi les mélomanes.
Alimentation
En matière de restauration, Lyon tient le haut du pavé. N'est-elle pas considérée comme une capitale gastronomique ? Elle possède plusieurs centaines de restaurants. Reste que certains établissements abusent de cette réputation et se sont transformés en "pièges à touristes". Il est conseillé de se renseigner auprès des Lyonnais. Ceux-ci vous indiqueront les meilleurs "bouchons", autrement dit les bistrots façon lyonnaise, où l'on sert une cuisine traditionnelle, dont des tripes, des andouillettes, du saucisson, des gratons, du pot-au-feu, des salades ou des quenelles, accompagnés d'un côteaux-du-lyonnais ou d'un beaujolais servis dans un "pot", une bouteille au cul épais, d'une contenance de 46 cl. C'est dans la Presqu'île que se trouvent les meilleures adresses.
Après même la chute de l'Empire romain qui avait institué son évêque Primat des Gaules, Lyon fut gouvernée par l'Église catholique. Jusqu'à ce qu'en 1240, la bourgeoisie se révolte contre ce pouvoir et, instaurant la première municipalité, impulse le rattachement à la France. Mais l'emprise se maintint, faisant des Lyonnais de farouches opposants à la Réforme, qui répétèrent les massacres de la Saint-Barthélémy quelques jours après ceux de Paris. Après avoir envoyé son armée, Henri IV calma le jeu en venant épouser Marie de Médicis en la cathédrale Saint-Jean. De très nombreuses institutions religieuses et monastères y prospérèrent durant les siècles suivants, et la persécution du clergé par les Révolutionnaires fut très mal vécue par les Lyonnais. Sous Napoléon, qui favorisa l'essor de la bourgeoisie industrielle, Lyon réaffirma son identité de ville catholique et plutôt conservatrice.