De février à novembre, avec un pic à la belle saison, la quasi-totalité des villages environnants organisent des courses camarguaises. La fête commence avec l'abrivado, l'arrivée des jeunes taureaux escortés par les manadiers (éleveurs) à travers les rues jusqu'aux arènes. Les raseteurs, des pros de la course (il y a même une école !) pénètrent alors dans l'enceinte pour taquiner les bêtes. Puis, après la ferade (marquage d'un jeune taureau), c'est le bandido (le retour des taureaux au bercail). Rien à voir avec les corridas : pas de sang versé.
Tout aussi colorées, les joutes nautiques, nées sur les canaux de Sète, se pratiquent également à Palavas, Agde, Frontignan... en été, température de l'eau oblige !
Les champions de Cournosec et Cournonterral s'affrontent, eux, dans la lie de vin, au cours des Paillasses, traditionnel tournoi inter-villages.
Arts
Montpellier peut, si ce n'est réconcilier, contenter à la fois les amateurs d'architectures ancienne et contemporaine. En dépit des ravages des guerres de Religion, demeurent des vestiges de l'époque médiévale et du XVe siècle florissant de Jacques Cœur. Ils voisinent avec les abondants hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles et leurs charmantes cours intérieures. Dans ce qui fut jadis les faubourgs de la ville, d'autres témoins rappellent la richesse de sa bourgeoisie : les "folies", des demeures abritant au sein de parcs touffus les amours illicites de leurs propriétaires. Le nouveau quartier Antigone, œuvre du Catalan Ricardo Bofill, s'est implanté à deux pas du centre historique, côté mer. La Place du Nombre d'Or, fruit de calculs savants, symbolise l'ambition de cette réalisation grandiose qui vieillit bien.
Un autre bâtiment moderne, le Corum, abrite le très fréquenté Opéra Berlioz, aux performances techniques et acoustiques stupéfiantes. Comme dans toute ville universitaire, on trouve des concerts pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Le JAM (Jazz Action Montpellier), école et jazz-club, en propose même des gratuits. Tandis que dans de nombreux café-concerts et petites salles, on peut découvrir des artistes locaux pratiquant tous les styles avec talent.
Si l'offre culturelle est variée, le pourtour méditerranéen y tient une place d'honneur. En témoigne par exemple le Festival du Cinéma méditerranéen (fin octobre). Les cinéphiles trouveront aussi leur bonheur dans les quatre salles du cinéma Diagonal, vingt ans d'âge et toujours indépendant, le seul à proposer des séances en V.O.
Alimentation
Les spécialités de Montpellier fleurent bon le soleil et la garrigue : la bouillabaisse languedocienne, la rouille palavasienne à base de supions de calamars ou de seiches, la gardianne de taureaux, la tielle sétoise – petit pâté rond fourré de poulpes à la tomate –, la foulque – palmipède vivant dans les étangs – en salmis, les moules farcies, "lou cagaraoulat" – ragoût d'escargots au jambon...
Pour accompagner ces plats, vous pourrez boire d'excellents AOC côteaux du Languedoc issus de cépages sélectionnés sur un territoire de grès.
Montpellier s'est, rapidement après sa création vers l'an 1000, imposée comme un carrefour commercial, cosmopolite par définition, où la tolérance était de mise. Les pèlerins en route vers Compostelle y faisaient halte. Des médecins juifs et arabes animaient sa faculté de médecine, fondée au XIVe siècle, la plus ancienne au monde existant encore. Mais, au XVIe les guerres de Religion ravagèrent la ville. Protestants et Catholiques s'en disputèrent le contrôle, et dans cette lutte furent détruites toutes les églises à l'exception de la cathédrale. Louis XIII la reprit en 1622 puis, en faisant la capitale du Bas Languedoc, Louis XIV entérina son appartenance à la France catholique. Les Protestants y restent néanmoins nombreux.